top of page

PARTIE 7 — LA NAISSANCE DU NATIONALISME CAMEROUNAIS : L’UPC, RUBEN UM NYOBÈ ET LA LUTTE POUR L’INDÉPENDANCEAprès plusieurs décennies de domination étrangère, une nouvelle génération de Camerounais c

PARTIE 7 — LA NAISSANCE DU NATIONALISME CAMEROUNAIS : L’UPC, RUBEN UM NYOBÈ ET LA LUTTE POUR L’INDÉPENDANCE

Après plusieurs décennies de domination étrangère, une nouvelle génération de Camerounais commença progressivement à remettre en question le système colonial. Les transformations économiques, l'essor de l'éducation, le développement des syndicats et les bouleversements politiques de l'après-Seconde Guerre mondiale créèrent les conditions d'une véritable mobilisation nationale.

Dans les années 1940 et 1950, le Cameroun entra ainsi dans une période décisive. Des travailleurs, des enseignants, des commerçants, des intellectuels, des étudiants et des responsables politiques commencèrent à réclamer davantage de droits.

Mais certains ne voulaient plus seulement obtenir des réformes.

Ils voulaient l'indépendance du Cameroun.

Au cœur de cette lutte apparut une organisation qui allait devenir l'un des mouvements nationalistes les plus importants de l'histoire du pays : l'Union des populations du Cameroun (UPC).

I. L'APRÈS-GUERRE : UN CAMEROUN QUI CHANGE

La Seconde Guerre mondiale avait profondément transformé le monde.

Les puissances européennes étaient sorties affaiblies du conflit.

Les peuples colonisés commencèrent de plus en plus à remettre en question la domination européenne.

Les idées d'autodétermination et de souveraineté nationale progressaient en Afrique et dans le monde.

Au Cameroun, les anciens systèmes coloniaux devenaient eux aussi de plus en plus contestés.

Les Camerounais avaient participé à l'effort de guerre.

Des soldats avaient combattu aux côtés des forces alliées.

Des travailleurs avaient participé à la production et aux activités économiques liées à la guerre.

Une nouvelle génération estimait donc que le moment était venu de réclamer davantage de droits.

II. LES TRAVAILLEURS ET LA NAISSANCE DES REVENDICATIONS SOCIALES

Les travailleurs furent parmi les premiers à organiser des mouvements collectifs.

Dans les plantations, les entreprises, les administrations et les centres urbains, les revendications concernaient notamment :

  • les salaires ;

  • les conditions de travail ;

  • les horaires ;

  • la liberté syndicale ;

  • la fin des abus administratifs ;

  • l'égalité devant la loi.

Les syndicats devinrent progressivement des lieux de mobilisation politique.

Les revendications économiques commencèrent ainsi à se transformer en revendications politiques.

Un raisonnement se développa :

Si les Camerounais veulent améliorer durablement leurs conditions de vie, ils doivent également pouvoir contrôler leur propre avenir politique.

III. 1945 : UN MONDE NOUVEAU

La création de l'Organisation des Nations unies en 1945 renforça les discussions autour du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes.

Le système colonial commençait à être de plus en plus contesté sur la scène internationale.

Dans de nombreux territoires africains, de nouveaux mouvements politiques apparurent.

Le Cameroun ne resta pas à l'écart de cette évolution.

Les intellectuels camerounais commencèrent à discuter de l'avenir du pays.

Certains réclamaient davantage d'autonomie.

D'autres voulaient une évolution progressive vers l'indépendance.

Une minorité de plus en plus déterminée défendait déjà l'idée d'un Cameroun totalement souverain et réunifié.

IV. 1948 : LA CRÉATION DE L'UPC

Le 10 avril 1948, l'Union des populations du Cameroun (UPC) fut créée à Douala.

Cette organisation allait devenir le principal mouvement indépendantiste radical du Cameroun.

Parmi ses principaux dirigeants figuraient :

  • Ruben Um Nyobè ;

  • Félix-Roland Moumié ;

  • Ernest Ouandié ;

  • Abel Kingué.

L'UPC défendait plusieurs objectifs fondamentaux.

Elle réclamait notamment :

  • l'indépendance du Cameroun ;

  • la réunification du Cameroun français et du Cameroun britannique ;

  • l'égalité politique ;

  • la fin de la domination coloniale ;

  • une véritable souveraineté nationale.

L'UPC devint rapidement un mouvement populaire important.

V. RUBEN UM NYOBÈ : UNE FIGURE CENTRALE DU NATIONALISME

Parmi les dirigeants de l'UPC, Ruben Um Nyobè occupa une place exceptionnelle.

Né en 1913 dans la région de la Sanaga-Maritime, il reçut une formation scolaire qui lui permit d'entrer dans l'administration.

Mais il se rapprocha progressivement des mouvements syndicaux et nationalistes.

Um Nyobè était un orateur remarquable.

Il défendait l'idée selon laquelle les Camerounais devaient eux-mêmes décider de leur avenir.

Il ne souhaitait pas simplement remplacer certains responsables coloniaux.

Il voulait construire un véritable État camerounais indépendant.

VI. L'IDÉE D'UN CAMEROUN RÉUNIFIÉ

L'une des grandes revendications de l'UPC concernait la réunification.

Depuis la fin de la Première Guerre mondiale, le Cameroun avait été divisé entre la France et la Grande-Bretagne.

Pour les nationalistes, cette division était artificielle.

Ils considéraient que les populations partageaient une histoire commune malgré leurs différences linguistiques et administratives.

L'UPC demandait donc la réunification des territoires français et britanniques.

Cette question allait rester centrale jusqu'à l'indépendance.

VII. UM NYOBÈ DEVANT LES INSTANCES INTERNATIONALES

Ruben Um Nyobè ne limita pas son combat au territoire camerounais.

Il porta également la question camerounaise devant les institutions internationales.

Il participa notamment à des démarches auprès de l'Organisation des Nations unies.

Son objectif était de montrer que le Cameroun devait pouvoir accéder à l'autodétermination.

Il dénonçait les pratiques coloniales et demandait que la communauté internationale prenne en compte les aspirations des Camerounais.

Cette stratégie diplomatique faisait partie intégrante de son combat.

VIII. LA RÉPRESSION COLONIALE

La popularité croissante de l'UPC inquiéta progressivement les autorités françaises.

L'administration considérait le mouvement comme une menace politique.

Les relations devinrent particulièrement tendues.

Les autorités tentèrent de limiter les activités de l'UPC.

Des réunions furent surveillées.

Des militants furent arrêtés.

Des manifestations furent réprimées.

La situation se radicalisa progressivement.

IX. LES ÉMEUTES DE DOUALA DE 1955

En mai 1955, de graves violences éclatèrent notamment à Douala et dans plusieurs autres régions.

Des affrontements opposèrent des militants nationalistes, des forces de sécurité et différents groupes de la population.

La répression fut importante.

Des centaines de personnes furent tuées selon les estimations et les sources disponibles, tandis que de nombreux militants furent arrêtés ou contraints de fuir.

À la suite de ces événements, l'UPC fut interdite par les autorités françaises.

Cette interdiction constitua un tournant majeur.

Le mouvement qui défendait jusque-là ses revendications principalement par les moyens politiques et diplomatiques entra progressivement dans la clandestinité.

X. L'UPC ENTRE DANS LA CLANDESTINITÉ

Après son interdiction, les militants de l'UPC furent contraints d'organiser leurs activités clandestinement.

Certains responsables quittèrent les villes.

D'autres se réfugièrent dans les régions rurales.

Des réseaux de soutien se développèrent.

La situation devint particulièrement tendue dans certaines régions du pays, notamment en pays bassa et dans les zones proches de la Sanaga-Maritime.

Le conflit allait progressivement prendre une dimension armée.

XI. LA SANAGA-MARITIME : UN FOYER DE RÉSISTANCE

La Sanaga-Maritime devint l'un des principaux centres de la résistance nationaliste.

Les militants de l'UPC y bénéficiaient de réseaux locaux importants.

Les autorités françaises lancèrent des opérations militaires pour reprendre le contrôle des zones considérées comme favorables à l'UPC.

Des villages furent surveillés.

Les déplacements furent contrôlés.

Des populations furent déplacées dans certaines zones.

La violence s'intensifia progressivement.

XII. L'UPC ET LES AUTRES COURANTS POLITIQUES

Tous les Camerounais favorables à l'évolution politique du pays ne partageaient pas la stratégie de l'UPC.

Certains responsables politiques préféraient négocier avec la France.

D'autres souhaitaient une indépendance progressive.

Des personnalités comme André-Marie Mbida et plus tard Ahmadou Ahidjo adoptèrent des positions différentes de celles de l'UPC.

Le mouvement nationaliste camerounais était donc loin d'être homogène.

Il existait plusieurs visions de l'avenir du pays.

XIII. ANDRÉ-MARIE MBIDA

André-Marie Mbida devint l'une des principales personnalités politiques du Cameroun français.

Il participa à l'évolution institutionnelle du territoire.

En 1957, il devint le premier chef du gouvernement camerounais dans le cadre de l'autonomie interne.

Son approche était différente de celle de l'UPC.

Mbida cherchait davantage à obtenir progressivement l'autonomie politique tout en travaillant dans les institutions existantes.

Cette différence de stratégie allait devenir importante dans les années précédant l'indépendance.

XIV. AHMADOU AHIDJO ENTRE EN SCÈNE

Un autre homme allait progressivement prendre une place centrale : Ahmadou Ahidjo.

Originaire du Nord du Cameroun, il avait commencé sa carrière politique dans les institutions coloniales.

Il devint progressivement l'un des principaux dirigeants politiques du territoire.

Contrairement à l'UPC, Ahidjo adopta une stratégie plus modérée et institutionnelle.

Il défendait également l'idée d'une évolution vers l'autonomie puis l'indépendance.

Son influence allait considérablement augmenter à la fin des années 1950.

XV. LA QUESTION DE L'INDÉPENDANCE

À la fin des années 1950, l'idée d'une indépendance camerounaise devenait de plus en plus difficile à éviter.

Le contexte international évoluait rapidement.

De nombreux pays africains obtenaient leur indépendance.

La France elle-même réorganisait ses relations avec ses territoires africains.

Le Cameroun avançait donc vers une nouvelle étape.

Mais plusieurs questions restaient à résoudre :

Quelle forme prendra l'indépendance ?

Quel sera le rôle de l'UPC ?

Que deviendra le Cameroun britannique ?

Le pays sera-t-il immédiatement réunifié ?

Qui dirigera le nouvel État ?

Ces questions allaient dominer la politique camerounaise des années 1959-1961.

XVI. LA MORT DE RUBEN UM NYOBÈ

Ruben Um Nyobè devint progressivement l'un des principaux objectifs des forces françaises.

Après plusieurs années de clandestinité, il fut localisé dans la région de la Sanaga-Maritime.

Le 13 septembre 1958, Um Nyobè fut tué par les forces françaises.

Sa mort provoqua un choc considérable parmi ses partisans.

Mais elle ne mit pas immédiatement fin au mouvement nationaliste.

D'autres dirigeants de l'UPC poursuivirent le combat.

Parmi eux se trouvaient notamment Félix-Roland Moumié et Ernest Ouandié.

XVII. FÉLIX-ROLAND MOUMIÉ

Après la mort d'Um Nyobè, Félix-Roland Moumié devint l'une des figures centrales de l'UPC.

Il poursuivit le combat politique et diplomatique à l'extérieur du Cameroun.

Moumié chercha notamment à obtenir le soutien de différents pays nouvellement indépendants et des mouvements anticoloniaux.

Mais son activité inquiéta fortement ses adversaires.

En 1960, il mourut à Genève après avoir été empoisonné au thallium par un agent lié aux services français, selon les conclusions historiques généralement retenues.

Sa mort renforça encore la dimension tragique de la lutte nationaliste camerounaise.

XVIII. UNE LUTTE QUI CHANGE DE FORME

À la veille de l'indépendance, le Cameroun était donc traversé par plusieurs forces politiques.

D'un côté, les mouvements nationalistes radicaux réclamaient une indépendance pleine et entière.

De l'autre, des responsables politiques travaillaient dans les institutions héritées de la période coloniale.

La France cherchait à transférer progressivement le pouvoir tout en préservant ses intérêts.

La Grande-Bretagne devait également décider de l'avenir de son territoire camerounais.

Le pays était donc au cœur d'une transformation historique majeure.

XIX. VERS 1960 : LE CAMEROUN APPROCHE DE L'INDÉPENDANCE

À la fin des années 1950, le processus d'émancipation politique s'accéléra.

Le Cameroun français obtint progressivement davantage d'autonomie.

Les institutions locales furent renforcées.

Les responsables camerounais assumèrent de plus en plus de responsabilités.

Finalement, une date historique fut fixée :

le 1er janvier 1960.

Ce jour-là, le Cameroun français allait devenir indépendant.

Mais l'histoire ne s'arrêtait pas là.

Le Cameroun restait encore divisé.

La partie britannique devait déterminer son propre avenir.

La réunification allait devenir la prochaine grande question nationale.

CONCLUSION DE LA PARTIE 7

La période qui s'étend de 1945 à 1960 constitue l'une des phases les plus importantes de l'histoire moderne du Cameroun.

C'est durant cette période que se développa véritablement le nationalisme camerounais.

La création de l'UPC en 1948, l'action de Ruben Um Nyobè, les revendications syndicales, les manifestations, la répression coloniale et la lutte clandestine contribuèrent à transformer profondément la société camerounaise.

Mais cette lutte fut aussi marquée par de profondes divisions politiques.

Certains Camerounais privilégiaient la négociation et l'évolution institutionnelle.

D'autres réclamaient une indépendance immédiate et une réunification complète du territoire.

La mort de Ruben Um Nyobè en 1958 et celle de Félix-Roland Moumié en 1960 illustrèrent la violence de cette période.

Malgré les divisions et les conflits, une nouvelle réalité apparaissait :

le Cameroun allait devenir un État indépendant.

Le 1er janvier 1960, le drapeau camerounais allait être hissé sur un pays désormais souverain.

Mais une question demeurait :

que deviendrait le Cameroun britannique et comment allait se dérouler la réunification ?

C'est cette histoire que nous découvrirons dans la PARTIE 8 — L'indépendance de 1960, Ahmadou Ahidjo, la réunification avec le Cameroun britannique et la naissance de la République fédérale du Cameroun.

donnes les hashtags

Voici les hashtags optimisés pour la PARTIE 7 — La naissance du nationalisme camerounais, l’UPC et Ruben Um Nyobè :


Posts récents

Voir tout

Commentaires

Noté 0 étoile sur 5.
Pas encore de note

Ajouter une note

Formulaire d'abonnement

Merci pour votre envoi !

Cette chaîne est prévue pour bientôt !
bottom of page