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PARTIE 8 — L’INDÉPENDANCE DU CAMEROUN, AHMADOU AHIDJO, LA RÉUNIFICATION ET LA NAISSANCE DE LA RÉPUBLIQUE FÉDÉRALEAprès des décennies de domination allemande, française et britannique, le Cameroun ent

PARTIE 8 — L’INDÉPENDANCE DU CAMEROUN, AHMADOU AHIDJO, LA RÉUNIFICATION ET LA NAISSANCE DE LA RÉPUBLIQUE FÉDÉRALE

Après des décennies de domination allemande, française et britannique, le Cameroun entra enfin dans une période décisive de son histoire. Les années 1959 et 1960 furent marquées par des changements politiques rapides, alors que le système colonial arrivait à sa fin.

Le 1er janvier 1960, le Cameroun français accéda à l'indépendance et devint la République du Cameroun.

Mais cette indépendance ne signifiait pas encore que l'ensemble du territoire camerounais était réunifié.

Une partie du pays restait sous administration britannique.

La question de la réunification allait donc devenir l'un des grands enjeux politiques de la nouvelle nation.

I. LE CAMEROUN À LA VEILLE DE L'INDÉPENDANCE

À la fin des années 1950, le Cameroun français disposait déjà d'institutions politiques relativement autonomes.

Le pouvoir colonial français avait progressivement transféré certaines responsabilités aux dirigeants camerounais.

Plusieurs partis politiques s'affrontaient.

Parmi les principales forces politiques figuraient notamment :

l'Union camerounaise ;

le Parti des démocrates camerounais ;

les mouvements liés à l'UPC ;

différents groupes régionaux et politiques.

La question centrale était désormais celle du transfert définitif du pouvoir.

Qui allait diriger le futur Cameroun ?

Quelle serait la forme de l'État ?

Quelle place serait accordée aux différentes régions ?

Et surtout, comment réunifier le territoire divisé entre la France et la Grande-Bretagne ?

II. AHMADOU AHIDJO DEVIENT LA PRINCIPALE FIGURE POLITIQUE

Après plusieurs années de rivalités politiques, Ahmadou Ahidjo s'imposa progressivement comme l'un des hommes politiques les plus puissants du Cameroun.

Originaire du Nord, il avait participé aux institutions politiques mises en place pendant la période coloniale.

Son influence grandit considérablement à la fin des années 1950.

En 1958, il devint Premier ministre du Cameroun.

À partir de cette position, il participa directement aux négociations qui conduisirent à l'indépendance.

Ahidjo défendait une approche relativement pragmatique.

Il souhaitait obtenir l'indépendance tout en maintenant des relations étroites avec la France.

III. LE 1ER JANVIER 1960 : L'INDÉPENDANCE

Le moment historique arriva finalement.

Le 1er janvier 1960, le Cameroun français devint officiellement indépendant.

Le nouvel État prit le nom de :

République du Cameroun.

Ahmadou Ahidjo devint le premier président de la République.

Le drapeau camerounais fut officiellement adopté.

La population célébra cette nouvelle étape avec enthousiasme.

Après plusieurs décennies de domination étrangère, le Cameroun disposait désormais officiellement de sa propre souveraineté.

Mais cette indépendance était encore incomplète du point de vue territorial.

IV. UN PAYS ENCORE DIVISÉ

Au moment où le Cameroun français obtenait son indépendance, le British Cameroons existait toujours.

Ce territoire était administré par la Grande-Bretagne depuis le Nigeria.

Il était lui-même divisé en deux grandes zones :

les Northern Cameroons ;

les Southern Cameroons.

Les populations de ces régions devaient décider de leur avenir.

Plusieurs possibilités existaient.

Elles pouvaient rejoindre le Nigeria.

Elles pouvaient rejoindre la République du Cameroun.

Ou elles pouvaient envisager une autre forme d'organisation politique.

Cette question allait devenir extrêmement importante.

V. LE RÉFÉRENDUM DE 1961

En février 1961, un référendum organisé sous l'égide des Nations unies fut organisé dans le British Cameroons.

Les résultats furent différents selon les deux zones.

Dans les Northern Cameroons, la population choisit de rejoindre le Nigeria.

Dans les Southern Cameroons, la population choisit de rejoindre la République du Cameroun.

Cette décision allait modifier définitivement la carte politique de la région.

VI. LA RÉUNIFICATION DU CAMEROUN

Le 1er octobre 1961, les Southern Cameroons furent réunifiés avec la République du Cameroun.

Le pays devint alors une République fédérale.

Cette nouvelle structure cherchait à tenir compte de l'histoire différente des deux parties du territoire.

Le Cameroun était désormais composé de deux États fédérés :

East Cameroon, principalement francophone.

West Cameroon, principalement anglophone.

Chaque État fédéré conservait certaines institutions propres.

Le gouvernement fédéral se trouvait à Yaoundé.

VII. POURQUOI LE FÉDÉRALISME ?

Le fédéralisme avait pour objectif de préserver une certaine autonomie aux deux anciennes zones coloniales.

Les deux parties avaient connu des administrations différentes pendant plusieurs décennies.

Elles avaient des systèmes juridiques différents.

Elles avaient également développé des traditions scolaires différentes.

La partie française fonctionnait principalement selon le modèle administratif français.

La partie britannique avait été influencée par le système britannique.

Le fédéralisme devait donc permettre de préserver ces particularités tout en construisant un État commun.

VIII. LA CULTURE ANGLOPHONE ET FRANCOPHONE

La réunification créa un pays officiellement bilingue.

Le français et l'anglais furent reconnus comme langues officielles.

Mais cette coexistence ne fut pas toujours simple.

Les populations anglophones souhaitaient préserver leurs institutions.

Elles tenaient notamment à leur système juridique et éducatif hérité de la période britannique.

Les populations francophones, beaucoup plus nombreuses, vivaient principalement dans les régions administrées auparavant par la France.

Cette différence allait devenir une question politique majeure dans l'histoire du Cameroun.

IX. LA CONSTRUCTION DU NOUVEL ÉTAT

Après l'indépendance et la réunification, le gouvernement devait construire un véritable État national.

Il fallait développer :

une administration nationale ;

une armée nationale ;

une diplomatie ;

une économie nationale ;

un système éducatif ;

des infrastructures ;

une monnaie et des institutions financières ;

des services publics.

Le défi était immense.

Le Cameroun était indépendant, mais il restait économiquement dépendant de plusieurs partenaires étrangers.

X. LES RELATIONS AVEC LA FRANCE

Ahmadou Ahidjo choisit de maintenir une relation étroite avec la France.

La France continua à jouer un rôle important dans :

l'économie ;

la coopération militaire ;

l'éducation ;

les infrastructures ;

la diplomatie.

Cette coopération permettait au jeune État camerounais de bénéficier d'un soutien technique et financier.

Mais elle provoqua également des critiques.

Certains nationalistes estimaient que le Cameroun avait obtenu une indépendance politique sans obtenir une véritable indépendance économique.

XI. LA QUESTION DE L'UPC APRÈS L'INDÉPENDANCE

L'indépendance ne mit pas immédiatement fin au conflit avec l'UPC.

Une partie de l'organisation poursuivit la lutte armée contre le gouvernement.

Le gouvernement d'Ahidjo considérait cette guérilla comme une menace directe contre l'unité nationale.

L'armée camerounaise, avec le soutien français, mena des opérations contre les maquis de l'UPC.

Les combats furent particulièrement importants dans certaines régions du Centre, du Littoral et de l'Ouest.

Cette période fut extrêmement violente.

XII. LA MORT DE FÉLIX-ROLAND MOUMIÉ

Le mouvement nationaliste avait déjà perdu Ruben Um Nyobè en 1958.

Puis, en 1960, Félix-Roland Moumié mourut à Genève après avoir été empoisonné au thallium.

Cette disparition constitua un nouveau choc pour l'UPC.

Cependant, d'autres militants continuèrent la lutte.

Parmi eux figurait notamment Ernest Ouandié.

XIII. ERNEST OUANDIÉ ET LA POURSUITE DE LA RÉSISTANCE

Ernest Ouandié devint l'une des dernières grandes figures de la lutte armée de l'UPC.

Il poursuivit ses activités clandestines pendant plusieurs années.

Le gouvernement camerounais intensifia les opérations militaires contre les maquis.

Finalement, Ouandié fut arrêté.

Il fut jugé puis exécuté en 1971.

Sa mort marqua symboliquement la fin d'une longue période de lutte armée liée à l'UPC.

XIV. LA CENTRALISATION DU POUVOIR

Après la réunification, Ahidjo chercha progressivement à renforcer l'unité politique du pays.

Il considérait que les divisions politiques et régionales pouvaient fragiliser le jeune État.

Le gouvernement développa donc un système politique de plus en plus centralisé.

Le pouvoir présidentiel devint progressivement très important.

Les partis politiques furent progressivement regroupés autour d'une organisation politique dominante.

Cette évolution allait transformer profondément le système politique camerounais.

XV. LA CRÉATION DE L'UNC

En 1966, plusieurs formations politiques furent regroupées au sein de l'Union nationale camerounaise (UNC).

Cette organisation devint le principal parti politique du pays.

L'objectif affiché était de renforcer l'unité nationale.

Mais dans la pratique, le système évolua vers un régime politique très centralisé.

L'opposition politique disposait de moins en moins d'espace.

XVI. LA RÉPUBLIQUE FÉDÉRALE DEVIENT PLUS CENTRALISÉE

Le fédéralisme, qui avait été adopté en 1961 pour préserver l'autonomie des deux Cameroun, commença progressivement à être remis en question.

Le gouvernement estimait qu'un État unitaire permettrait de renforcer l'unité nationale.

Des débats furent organisés sur l'avenir institutionnel du pays.

Finalement, un référendum fut organisé en 1972.

La population approuva la transformation de la République fédérale en République unie du Cameroun.

Le système fédéral prit donc fin.

XVII. LA RÉPUBLIQUE UNIE DU CAMEROUN

Le 20 mai 1972, la République fédérale fut remplacée par un État unitaire.

Le pays prit le nom de :

République unie du Cameroun.

Cette transformation renforça considérablement le pouvoir central.

Les deux États fédérés disparurent.

Les institutions furent réorganisées.

Le gouvernement national exerça désormais une autorité beaucoup plus importante sur l'ensemble du territoire.

Le 20 mai devint par la suite une date majeure du calendrier national camerounais.

XVIII. LES GRANDES RÉFORMES ÉCONOMIQUES

Durant les premières années de l'indépendance, le gouvernement lança plusieurs programmes de développement.

L'objectif était de moderniser l'économie.

Des investissements furent réalisés dans :

l'agriculture ;

les routes ;

les chemins de fer ;

les ports ;

l'éducation ;

la santé ;

l'industrie.

Le Cameroun possédait d'importantes ressources agricoles.

Le cacao, le café, le coton, la banane et l'huile de palme occupaient une place importante dans les exportations.

XIX. LE RÔLE DE L'AGRICULTURE

L'agriculture resta le cœur de l'économie camerounaise.

Une grande partie de la population vivait encore dans les zones rurales.

Le gouvernement chercha à augmenter la production agricole.

Des sociétés publiques et parapubliques furent créées.

L'objectif était de développer les cultures commerciales tout en améliorant la production destinée à la consommation locale.

Le Cameroun commença également à développer progressivement certaines industries de transformation.

XX. UNE NATION EN CONSTRUCTION

Les premières années de l'indépendance furent donc une période de construction nationale.

Il fallait créer un sentiment d'appartenance commune dans un pays extrêmement diversifié.

Le Cameroun comptait :

de nombreux peuples ;

plusieurs centaines de langues ;

différentes traditions religieuses ;

des régions historiquement différentes ;

une importante population rurale ;

deux grandes traditions administratives héritées de la colonisation.

La construction de l'identité nationale représentait donc un immense défi.

Le gouvernement mit fortement en avant le principe d'unité nationale.

XXI. L'HÉRITAGE DE LA RÉUNIFICATION

La réunification de 1961 demeure l'un des événements fondateurs du Cameroun moderne.

Elle permit de réunir une grande partie des territoires historiquement liés au Cameroun avant la division coloniale.

Mais elle créa également de nouveaux défis.

La coexistence entre les traditions anglophone et francophone devint une question centrale.

La manière dont le pouvoir central gérait les régions anglophones allait progressivement alimenter des frustrations.

Ces tensions ne disparurent pas avec la fin du fédéralisme.

Elles allaient réapparaître plusieurs décennies plus tard.

CONCLUSION DE LA PARTIE 8

Entre 1960 et 1972, le Cameroun passa d'un territoire colonial à un État indépendant, puis d'une République fédérale à un État unitaire.

Le 1er janvier 1960, le Cameroun français devint indépendant sous la présidence d'Ahmadou Ahidjo.

Le 1er octobre 1961, les Southern Cameroons rejoignirent la République du Cameroun, donnant naissance à la République fédérale.

Cette réunification représenta un moment historique majeur.

Mais les premières années de l'indépendance furent également marquées par les conflits avec l'UPC, la centralisation progressive du pouvoir et la disparition du fédéralisme.

Le 20 mai 1972, le Cameroun devint officiellement une République unie.

Une nouvelle période commençait alors.

Le pays allait entrer dans les années 1970 avec un pouvoir présidentiel fortement centralisé, une économie en développement et un parti politique dominant.

Mais derrière cette stabilité apparente se trouvaient déjà de nombreuses tensions politiques et économiques.

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